Wednesday, December 15, 2010

La Chambre Moche

ous étiez où vous autres le 23 juin 2008....ben moé j'étais sul champignon...
Avec une gang d'amis chez M &M c'est elle qui les avait dénichés on les a pris en tisane entrecoupée de gorgées de bière en canne.
Quand les mushs ont commençé à embarquer on est sortis prendre une marche pour s'aérer les neurones qui ma fois étaient pas mal à ON.
Après toute on était la veille de la Saint-Jean y faisait beau y faisait chaud Allons fêter c'est droit devant.
On s'est ramassé toute notre gang de joyeux lurons dans le parc de six millions avec des six packs assis sur le bord de la fontaine à dire des calembredaines ben gelés sur le champignon. Mé moé j'avais plus ou moins de fun, problèmes de digestion. Alors quelqu'un proposa on l'a bien ri celle-là :'Aye on va t-y faire un tour dans le poèle à bois là-bas', c'est bien ce que J.... avait compris en tout cas, quand une meute de fêtards coiffés de cornes en plastic fluo nous lança en passant :'Bonne Saint-Jean là'
Comme dans les films de Batman trois follows spots fouillaient le ciel au-dessus des Plaines. Mé moé je me sentais ben plus comme Plate Man.
Ca filait pas fort, j'avais la nausée...peu de temps après notre groupe s'est scindé, la plupart sont montés en haute-ville pour se rachever, moé chus tout simplement revenu sur mes pas en compagnie de J... Après on est allés boire de l'eau dans le parc Durocher, déshydratés comme des plantes oubliées. A deux heures du matin j'étais déja dans mon lit.
Je pensais ben que mon trip de mushs était fini. Je m'allume une pipée de pot pi je r'garde alentour, je trouve que ma chambre est vraiment moche.
Aye! Ca veut-y dire que j'aurais comme un rush moé-là ?
Ben oui garde donc ça : ma chambre est moche, est tellement moche,
It's a mushroom : Aldous Huxley, William Burroughs, Abbie Hoffmann,Timothy Leary pi Antonin Artaud sont tous là autour de moi in the Moche Room.
Mé vlà t-y pas qu'j'atchoume, les rideaux bougent,
J'ouvre les portes de la perception pi tout d'un coup le plafond fonds et , la voute céleste m'apparaîssant je vois des astres qui courent au désastre, oui oui je le sais notre planète donne pas sa place.
Soudain mon esprit quitte mon corps et s'enfuit en crazy carpet volant....

Après un périple des plus enivrants, j'atterris bientôt au zoo de Saint-Félicien
où une surprise de taille m'attendait. Imaginez-vous donc que les singes eux aussi fêtaient la Saint-Jean en nous singeant. Quelques uns allumaient de grandes bananes d'artifice, d'autres dansaient en rond en poussant des cris de rage autour du peuple québecois en cage qui deviendra indépendant le jour où les poules auront des de

Orale Chimie

Les femmes qui veulent être les égales des hommes
manquent sérieusement d'ambition (Jean-Marc Reiser)

Orale chimie ou alchimie de l'or alité,
cloué au lit avec une grosse fièvre.
La salamandre se demande pourquoi elle a ce gout de sel dans la bouche
Larmes de rosée matinale que j'essuie d'une tendre bise
L'enfant dort et moi
Je souffre le mercure :
Urine sueur et semence
Je lave l'aisselle
et je rase la vaisselle
Phosphates, chlorures, nitrates, silice et kundalini.
La quadrature du cercle vicieux
voila de quoi faire des envieux.
Il y a des moments ou le langage m'enrage
le langage n'est qu'un tueur a gages.
la femme est complète
l'homme vaut pas tripette
l'homme est une bête de somme de la bêtise
que tout le monde consomme
l'Homme s'en va sa bum, ses spermatozoides se raréfient et deviennent suicidaires.
Notre terre mère est une vallée de larmes à qui l'on jette des chatons nouveaux nés.
Et les femmes en choeur récitent le notre mère : délivrez-nous du mâle ainsi soit-il.
Dans l'orale chimie l'adepte doit arracher le feu au cul du diâble
la blancheur immaculée aux ténèbres.
Ce soir Aigle Noir veut Perle de Rosée dans sa tente allongée
Le volatil prédateur fixe sa proie, blanche colombe avec aile de corbeau
Humus de sous-bois, art compostal, forestière putréfaction, terre noire d'Egypte.
Le livre des Morts , la main d'Isis essuyant le sang de l'oeil arraché d'Horus.
Je me défends assez bien avec mon épée flammigère,
J'affronte même Simon le magicien noir mais pour ce qui est de faire face aux démons de mon mental c'est une autre histoire.
Nous sommes partis a marée haute là on est a marée basse et à l'horizon
on voit s'en venir la marée noire de notre déchéance.
En pleine saison d'ouragans pourtant on a une mer d'huile
Le calme plat qui se mange froid sous le soleil qui plombe ultraviolent.
Je suis comme un pélican sur la grève englué dans le brut étouffé
qui cherche de l'air pour pouvoir enfin expirer.....

La Sous-France

Sur la grève du lac Sébastien a douze ans
je lancais des galets dans dans l'eau sombre et ensuite,
assis sur les cailloux graveleux je dégalais un bobo sur mon genou :
on passe notre vie à dégaler des bobos !

Quelque part en-dessous de la France à environ un kilomètre de profondeur
Il y a un pays qu'on appelle la Sous-France.
Dans ce pays underground on sait que la joie de vivre coute cher la livre
ca on la paye avec beaucoup de douleurs :
Le douleur est la monnaie locale en Sous-France
On dit un douleur comme on dit un dollar ici ;
et le peuple d'intraterrestres palots et résignés qui y vivotent
s'exprime dans un idiome qu'on appelle le Sous-Francais:
Ca ressemble beaucoup au joual québecois d'ailleurs....

Aux bleuets

Croute à tarte d'éclipse totale
rêverie de poèle ou les buches crépitent
habillés en manches longues allons dans le bois
et accroupis penchés sur l'absolu
cueillons ces doux petits fruits bleus
qui roulent sous les doigts
laissant leur empreinte odoriférante dans nos paumes
ébahies d'avoir enfin trouvé la TALLE

Au pied du murmure

Au pied du murmure les verres a cocktail se confient
des secrets de polichinelle.
Allez sortez la grande échelle et dites le que chus hotte
Lance à la volée Sandrine l'araignée
Elle porte une crinoline en nacre de tourmaline
Et à chacune de ses huit pattes un chausson de ballet rose.
Sur le thème de Spiderman danse Sandrine danse
rebondis sur ta toile comme sur une trampoline.
Un escadron d'asperges volantes la regardent aller
faisant vibrer l'air avec leurs ailes de libellule.
Je prends une voix douce qui rassure tout bas,
qui berce, chuchote à l'oreille
des mots tendres et gazouillous comme mousse de sphègne:
Au pied du murmure caressant d'un ruisseau dans le bois
tous les deux à l'abri des fureurs du monde
dans une bulle de communion des sens et au-delà
le feu aux joues on s'offre un bouquet d'a fleur de peau
Avec tes grands yeux de licorne d'abondance
et tes lèvres pleines d'offrandes déposées
aux pied de la statuette en bois d'ébène et à la tête en terre cuite
tu me fais penser à des fougères dans une sylvestre clairière
ou perce le soleil baignant la scène d'une lumière féerique ;
le chuintement incessant du ruisseau, un bramement d'orignal
une moto-neige qui passe vroum vroum avec ses petits
un véhicule tout terrain dans le ciel comme un char de feu
et les arbres dans un bruissement feutré qui papotent entre eux.
En grappes des oeufs de têtards aux pieds de dinosaures
qui foulent l'azur tremblant sous leurs pas …
des nuages joufflus qui trichent aux cartes
un colibri boit dans ton nombril de l'eau sucrée
à la royale gelée et on passe en mode astral
bras dessus bras dessous on danse dans le cosmos
des amas d'étoiles chères tels Altair et Vega
dans une sorte de set carré interstellaire
pendant ce temps les deux pieds sur terre
malgré mon corps et ses ptites misères
tout seul dans le noir au pied du murmure je broie du blanc...

Journal d'une feuille morte

Feuilles de tremble tremblez vla l'automne:

feuilles de bouleau de frène, d'orme, de merisier

bois francs et directs qui ne machent pas leur papier

Baguettes de bambous vampires et modèles réduits d'avion en balsa

avec un ti moteur deux temps qui donne le son d'un gros bourdon

en panique cognant dans les vitres du salon,

adieu mon arbre mon port d'attache adieu sève, écorce, vieilles branches,

fourmis et papillons.

Quand dans les matins qui déchantent

l'escabeau se réjouit de prendre un bon café et

que les réfrigérateurs fendent l'air de leurs larges ailes membraneuses,

les grille-pains se rasent et prennent leur douche pendant que chauffe

le moteur de leur auto dans l'aube blème sous l'abri tempo.

Qu'on le feuille ou non quand y faut y aller je saute AAAAAAAAAAAAaahhhh!!!!

Le sol se rapproche à toute vitesse, attention tabarnak un rateau

ca pouvait pas mieux tomber..

Hey ho je vous signale que vous me marchez dessus,

As-tu fini de pousser toi la avec ton rateau,

bon me vla pognée en tas avec plein de gens que je connais pas..

Heille sniff sniff ca sent la boucane ahhhh au feu!!!!!

Ah pi FUCK THE WORLD j'aime autant finir toastée comme Jeanne d'Arc

que dans un sac à jardin sur le bord du chemin!

Patti Pourdebon

Patti Pourdebon revenait des courses les bras chargés de sacs d'épicerie.

Elle bute du pied sur l'étui de guitare d'un musicien de rue ;

elle s'excuse et lâche un : Désolé pas de monnaie.

Enfin de retour chez elle s'affale sur le canapé pour reprendre son souffle,

ensuite Patti se met en devoir de vider les sacs et ranger ses achats,

tout le long elle n'arrête pas de penser à ce gars hier soir

qu'elle a rencontré dans une soirée de performances à la Plate Gallery:

un grand brun avec les cheveux longs un anneau dans le nez et des yeux de chien battu

Allen Guilbert, qui est bassiste pour Laisse Béton un groupe évier métal.

Tout de suite Patti avait eu envie qu'il l'entoure de ses bras immenses

et qu'elle se blotisse sur sa poitrine et là...

Bon oserait-elle le rappeler dès maintenant ,

il lui avait griffoné son numéro sur un paquet de gigarettes,

ou bien attendre un jour ou deux srait ptête mieux Patti se tâte

et puis merde elle le sonne, il est là mais sa voix est noyée dans un bruit assourdissant

car il répète avec Laisse Béton mais ca va ils sont entre deux morceaux,

content de son appel il dit qu'il va la rappeler après leur session.

Patti raccroche en arborant un sourire ambigu...elle va

dans la salle de bain se dévêtit et saute dans la douche,

l'eau chaude lui fait du bien elle a un noeud dans la nuque

d'avoir trimballé l'épicerie. Elle s'essuit passe un peignoir

et se démêle les cheveux devant le miroir embué en se disant :

C'est pas la peine de jouer les groupies sur le retour

à tous les coups je vais me faire chier à attendre après ce gars la

et elle se dit Patti tu devrais faire comme son groupe là : Laisse Béton.

Bah et tout d'un coup cette fois elle l'avait bon....

décida Patti Pourdebon en se dirigeant vers le frigo, elle ouvrit la porte

et .....en sortit un pack de sang de synthèse pour se faire un petit appéro.